L'histoire

Chevaliers et chevalerie

Historiquement.

Au Xe siècle, les chevaliers n'étaient que des soldats de cavalerie, et la société les distinguait nettement des nobles.
Au XIe siècle, les chevaliers sont soit des non-nobles nourris au château de leur seigneur, soit des cadets de noble lignée, possesseurs de quelques fiefs et qui, pour bien se distinguer de la masse paysanne dans laquelle ils craignent de tomber, entrent dans la chevalerie.
L'Eglise, qui exalte la condition chevaleresque, incite les nobles d'un niveau social de plus en plus élevé à se faire adouber. Peu à peu, les différentes strates de l'aristocratie fusionnent au sein de la chevalerie.
Au XIIe siècle, le prestige de cette catégorie sociale est immense : le chevalier représente la respectabilité et a de plus en plus de pouvoir, possédant à son tour des vassaux, des terres plus grandes... L'éthique chevaleresque et le mode de vie noble se fondent au sein d'une nouvelle classe sociale, résultant de la fusion des deux précédentes.

Qui étaient-ils

Ils se doivent de défendre, attaquer les infidèles, vénérer les clercs, protéger les pauvres de l'injustice, pacifier le pays, verser leur sang pour leurs frères, ainsi que le dit la formule de leur serment, et même au besoin perdre la vie. Les louanges de Dieu sont dans leurs bouches, les épées à double tranchant dans leurs mains pour qu'ils puissent exécuter le jugement qu'on leur a demandé d'exécuter, en quoi chacun suit la décision délibérée de Dieu, des anges et des hommes, en accord avec la justice et la reconnaissance des droits de chacun.

L'apprentissage du chevalier Quiconque veut devenir chevalier est tenu de suivre un certain apprentissage, au cours duquel il doit acquérir une parfaite connaissance de l'art militaire de son temps. Rien du maniement des armes, de l'équitation, de la chasse, ou du comportement auprès de ses pairs ne doit lui être étranger. Quand le futur chevalier à l'adoubement est un fils de la noblesse, comme cela arrive le plus souvent, il reçoit cet apprentissage à la maison familiale, ou encore chez le suzerain de celui-ci. L'équipement du chevalier étant extrêmement onéreux, il est alors préférable pour le jeune noble de faire son apprentissage auprès d'un riche baron qui accepte de le prendre sous sa protection. Une fois l'adoubement célébré, il n'est pas rare de voir le filleul rester au service de son parrain comme chevalier.

Vers l'âge de sept ans, le futur apprenti demeure au château paternel sous la garde des femmes. A partir de cet âge, il quitte le foyer maternel et accompagne son père dans ses activités autres que les combats. Il apprend aussi à monter à cheval, à chasser, à tenir une épée. Dès l'âge de douze ans, son père le confie à un protecteur, en général son suzerain direct. Alors commence pour le jeune garçon le véritable apprentissage qui fera de lui un chevalier.

Le jeune Damoiseau va d'abord être un serviteur auprès de son suzerain. Valet de chambre, il réveille son maître, puis l'aide à se laver et à se vêtir. Valet d'écurie, il présente les chevaux des familiers du seigneur, sans oublier le sien propre. Valet de table, il sert les mets et les viandes qu'il est chargé de découper. Valet de chasse, il apprête les épieux et les coutelas destinés au gros gibier, puis il s'occupe du dressage et de l'entretien des chiens et des faucons. Valet d'armes, il est maintenant prêt à apprendre l'art de la guerre jusqu'à ce qu'il devienne un combattant de premier ordre.

La vie quotidienne du chevalier résulte essentiellement dans sa position de dominant et de l'occupation q'elle lui permet : la guerre. Cet amour de la violence et du combat anime tout le moyen âge des nobles. La guerre est sans cesse glorifiée, le guerrier fort, souple et musclé sans cesse magnifié. Cette passion de la guerre, le jeune noble l'acquiert très tôt. Étant destiné à être guerrier, il doit s'initier à l'art militaire et y prendre goût dès son jeune âge.

Le dur apprentissage de la chevalerie le familiarise peu à peu avec ce monde de violence qui sera sa vie et son honneur. Car si la guerre permet au noble d'écouler son trop plein d'énergie, elle est aussi un moyen pour lui de faire valoir son courage et son héroïsme, qui est une qualité très appréciée dans une société où la seule force est la valeur de la loi. À part les chevaliers errants qui parcourent l'Europe à la recherche d'une cause à défendre, la plupart des guerriers sont aussi des seigneurs vivant du travail de leurs serfs.

Devenir Chevalier

L'apprentissage

Dès l'âge de sept ans, les jeunes garçons sont placés comme page chez des oncles, ou des seigneurs amis. Ils commencent à apprendre à soigner les chevaux, à s'occuper des armes, ... et suivent un enseignement militaire.
A partir de 12 ans, et jusqu'à 14, ils peuvent devenir écuyers, et sont alors rattachés à un chevalier particulier, qui prend son éducation en charge. Le jeune garçon travaille toutes les techniques pour se tenir à cheval et se battre, en selle, à terre, à l'épée, la lance, ou toute autre arme utile. Il continue à servir son seigneur, avec des responsabilités accrues, et peut désormais le suivre à la guerre.
A partir de 17 ans, l'écuyer peut être adoubé, mais il semblait plus fréquent d'attendre pour cela qu'il ait atteint "l'âge d'homme", c'est-à-dire 21 ans.

L'adoubement

Jusqu'au XIe siècle, l'adoubement (mot qui provient du verbe germanique dubban, frapper) est une cérémonie très simple, qui coïncide généralement avec une fête religieuse.
Au XIIe siècle, il devient est une cérémonie très populaire et faste. Sacralisé par l'Eglise, il équivaut à un nouveau baptême.
Reçu au château de son futur vassal, le jeune prend, en premier lieu, un bain purificateur sous le regard d'un homme d'église. Aucune femme n'est admise dans la pièce.
Il doit ensuite se recueillir, et jeûner toute la journée. La nuit précédant la cérémonie se déroule en prières, en général dans une chapelle attenante aux habitations seigneuriales. Au matin, le jeune homme assiste à la messe et communie.
Il est alors emmené par des moines et des serviteurs, qui l'habillent et lui donnent les dernières recommandations.
Les moines et la nuit de prières ont pour but de laisser un temps de réflexion au postulant et de le purifier. Il doit être parfaitement sûr du choix de sa "destinée" lors de la cérémonie. Son engagement est à vie, et le serment qu'il prononce, inviolable sous peine de mort.
Dans la salle principale du château, en présence de sa famille, des seigneurs voisins, de ses camarades, et de villageois ou marchands venus exprès pour l'occasion, le jeune écuyer prête serment à son seigneur. Il lui promet fidélité et loyauté à vie.
Il reçoit alors son épée, le symbole de son rang, des éperons, traditionnellement attachés par la dame et symbolisant son droit à posséder et dresser un cheval et, pour clore la cérémonie, une gifle retentissante. Il était d'usage de dire que c'était la dernière qu'il recevait sans la rendre.
Alors, musiciens, jongleurs et acrobates envahissent la salle, pendant que tout le monde s'attable pour le banquet.
La journée se poursuit dans la liesse, ponctuée de joutes et de passes d'armes, jusqu'au soir, où le nouveau chevalier quitte le château de son seigneur.
Pendant l'année suivante, le nouveau chevalier n'a pas le droit de porter des signes quelconques sur son armure, qui doit être d'une seule couleur.

Le paladin, ou chevalier errant

Il est rare qu'un chevalier récemment adoubé possède des terres propres. Il est plutôt, pour vivre, dépendant de son père et de son seigneur. Dans l'attente de son héritage, ou d'un mariage qui lui rapportera peut-être un château, il mène souvent une vie d'errance.
Ainsi, sous la conduite d'un chevalier expérimenté, avec quelques compagnons, récents chevaliers comme lui, il quitte le château seigneurial et erre de longues années à la recherche d'aventures, d'exploits, de tournois, de richesses et de femmes.
Il lui faut se faire un nom s'il veut épouser une riche héritière et recevoir des cadeaux de son seigneur ou du roi. De plus, s'il met en déroute un seigneur ennemi, il peut devenir propriétaire des terres maintenant abandonnées, et de là, commencer à construire son domaine.

Les Vertus de la Chevalerie

Loyauté

Le chevalier devait toujours être loyal envers ses compagnons d'armes.
Que se soit pour la chasse ou pour traquer un ennemi, le chevalier devait être présent au combat jusqu'à la fin avec ses compagnons.

Prouesse

Le chevalier devait être preux et posséder une grande vigueur musculaire.
La force de l'âme était aussi très importante afin de combattre les redoutables adversaires qu'il pouvait rencontrer lors de ses quêtes.
Il devait les combattre pour le service de la justice et non par vengeance personnelle.

Sagesse et mesure

Le chevalier devait être sage et sensé afin d'empêcher la chevalerie de basculer dans la sauvagerie et le désordre.
Le chevalier devait avoir le contrôle sur sa colère, sa haine.
Il devait rester maître de lui-même en tout temps.
Les échecs étaient donc de mise pour le chevalier afin d'exercer l'agilité intellectuelle et la réflexion calme.

Largesse et courtoisie

Un noble chevalier devait partager autant de richesses qu'il possédait avec amis et paysans sous son aile.
Lorsqu'il se rendait à la cour, il devait faire preuve de courtoisie.
Il s'efforçait de se faire aimer par sa dame en étalant devant elle toutes ses prouesses.
Il devait aussi la servir fidèlement. La noblesse purifiait en quelque sorte l'âme du chevalier qui dut occire pendant ses quêtes.

Justice

Le chevalier doit toujours choisir le droit chemin sans être encombré par des intérêts personnels.
La justice par l'épée peut être horrible alors l'humilité et la pitié doit tempérer la justice du chevalier.

Défense

Un chevalier se doit de défendre son seigneur et ceux qui dépendent de lui.
IIl devait toujours défendre sa nation, sa famille et ceux en qui il croyait fermement et loyalement.

Courage

Un chevalier se devait de choisir le chemin le plus difficile et non le chemin guidé par ses intérêts personnels.
Il doit être prêt à faire des sacrifices.
Il devait être à la recherche de l'ultime vérité et de la justice adoucie par la pitié.

Foi

Un noble chevalier devait avoir foi en ses croyances et ses origines afin de garder l'espoir.

Humilité

Le chevalier ne devait pas se vanter de ses exploits, mais plutôt laisser les autres le faire pour lui.
Il devait raconter les exploits des autres avant les siens afin de leur donner le renom qu'ils méritaient.

Franchise

Le chevalier devait parler le plus sincèrement possible.

L'équipement du chevalier.

L'attribut essentiel d'un chevalier est, bien entendu, son cheval. Mais il possède également un certain nombre d'armes, offensives et défensives :
Les armoiries sont des signes de reconnaissance, apparues dans le second quart du XIIe siècle. Elles seules permettent aux combattants, devenus méconnaissables sous le heaume, de s'identifier.
Les chausses (9) sont des bas faits dans un tissu métallique et recouvrant les jambes et les pieds.
La coiffe est dans un premier temps une calotte de laine placée entre le heaume et le capuchon du haubert. Au XIIIe siècle, elle est en fer.
La cotte d'armes (2) est un vêtement à longues manches orné des armoiries que les chevaliers, lors des tournois, portent par-dessus l'armure. C'est avant tout un habit d'ornement, sans aucune valeur défensive.
Le ceinturon (6) est une ceinture grossière, en cuir, généralement garni d'une boucle de fer émaillé ou ciselé. Il est souvent utilisé comme emblème pour marquer son appartenance à un groupe.
L'écu (4) est un bouclier mesurant 1,50 m en hauteur et 70 cm en largeur. Il peut couvrir un homme debout depuis la tête jusqu'aux pieds. Il est en bois cambré, couvert d'un cuir plus ou moins orné et peint (les armoiries), le tout solidement relié par une armature de métal. Il est muni dans sa partie concave de courroies (des enarmes) dans lesquelles le chevalier passe le bras, et d'une sangle (guigue) qui lui sert à le suspendre à son cou durant la marche. Au milieu de l'écu se trouve une protubérance, une saillie de métal appelée boucle. Parfois on y met une boule de métal précieux ou de cristal. L'écu sert de civière pour le transport des blessés après la bataille.
L'épée (7) est l'arme chevaleresque par excellence. Au XIIe siècle, elle mesure environ 1 m et pèse 2 kg. Sa lame est large d'environ 9 cm. Elle a une longue lame à deux tranchants. On s'en sert surtout pour assommer l'adversaire. Il est d'usage d'enfermer des reliques dans le pommeau, destinées à porter chance au combattant et à le protéger des mauvais coups.
Les éperons (10) sont des petites branches de métal, terminées par une pointe, que le chevalier attache par-dessus les chausses. Ils sont l'un des emblèmes du chevalier, car remis et attachés par le parrain lors de l'adoubement.
Le gambison (8) est une cotte de tissu rembourré. Il se porte sous le haubert, afin de servir de protection du corps supplémentaire. Il est aussi appelé surcot ou jaseran.
Le haubert (1) apparaît au XIe siècle. C'est une cotte de maille, c'est à dire une longue tunique métallique qui descend jusqu'au-dessous du genou. Elle est formée d'environ 30 000 mailles, ou anneaux de fer entrecroisés, et pèse de 10 à 12 kg. Elle est fendue sur le devant et le derrière, et elle se prolonge vers le haut de façon à constituer un capuchon (aussi appelé chapel) qui protège le cou, la nuque et le bas du visage. Très coûteux, le haubert est en principe impénétrable à l'épée et à la lance. On le vernit de diverses couleurs. Quand il n'est que poli, on parle de haubert brillant.
Le heaume (3) est un grand casque d'acier de forme cylindrique ou conique. Il est bordé d'un cercle, c'est à dire d'une bande de métal ornementé de pierres précieuses ou de morceaux de verre colorés. Sur le devant se trouve une barre de fer rectangulaire, le nasal ou protège-nez. Le heaume est posé sur le capuchon du haubert et y est attaché par des lacets de cuir. A la pointe du heaume, on attache un tissu aux couleurs de sa Dame.
La lance mesure environ 3 m et pèse de 2 à 5 kg. Le bois est le plus souvent du frêne, le fer est en acier bruni, en forme de losange ou de triangle, au sommet est fixé le gonfanon, petit étendard presque toujours à trois langues ou à trois pans. Quand la lance est en arrêt, elle s'appuie sur le feutre, un bourrelet de feutre fixé à la selle. L'endroit de la hampe où le chevalier place sa main est recouvert d'une peau et s'appelle quamois, qu'on peut traduire par "manche garni de cuir".
Les mitaines (5) sont des gantelets de laine, puis de cuir, où seul le pouce est articulé. A partir du XIIe siècle, elles sont en fer.
C'est aux XII-XIII siècles que prennent place les symboles consistant à mettre en parallèle les armes du chevalier avec une vertu ou une qualité.
· Le casque : l'espérance, l'intelligence, la pudeur
· La cuirasse : la prudence, la piété, la protection contre le vice et l'erreur.
· Les gantelets : la justice, la science, le discernement, l'honneur.
· L'écu : la foi, le conseil, la protection contre l'orgueil, la débauche et l'hérésie.
· La lance : la charité, la sagesse, la droite vérité.
· L'épée : la force, la Parole de Dieu, la bravoure et la puissance. Symbole de l'état noble et militaire, l'épée ordonne la Création, détruit l'Ignorance et le Mal, la main tenant la justice et la paix et permettant au chevalier de capter les connaissances et de se libérer de ses passions.
L'épée étant pour le chevalier l'outil qui lui servait à oeuvrer pour la défense de la chrétienté, il fallait donc la bénir. La bénédiction n'est pas en soi une nouveauté à une époque où la peur du Démon, engendrée par une foi intense, incitait tout naturellement les hommes à faire bénir tout ce qu'ils possédaient. La bénédiction de l'épée du chevalier est un geste exceptionnel, une grande consécration qui fait d'un simple soldat un défenseur de la chrétienté.
La lance était utilisé surtout lors des tournois et des guerres. Dans les tournois de joute, les chevaliers prenaient une lances dont on avait arrondi le bout pour éviter de tuer une personne. Par contre à la guerre le bout de la lance étaient au contraire très pointues et servait contre l'ennemie.

L'art Héraldique.

L'héraldique est la science qui a pour objet l'étude des armoiries. Ces armoiries se définissent comme des emblèmes en couleurs, propre à un individu, à une famille ou à un groupe. Étant donné que chaque emblème est unique, cela permet nettement de distinguer le système héraldique médiéval européen de tous les autres systèmes d'emblèmes, antérieurs ou postérieurs, militaires ou civils.
L' héraldique est à la fois un code social et un système de signes. Ce dernier se construit à partir de figures et de couleurs qui, à l'intérieur des écus, s'assemblent selon un certain nombre d'habitudes, de principes et de règles. L'ensemble de ces règles et du répertoire des figures et des couleurs forment une sorte de grammaire que l'on appelle le blason.
Né au Moyen Age, l'art héraldique (ou science des blasons) a développé un système graphique efficace et harmonieux d'emblèmes qui, par son esthétique et sa qualité évidente de prestige, ont su traverser les siècles. Qui n'a pas admiré ces couleurs chatoyantes, ces lions élancés, ces aigles déployés ou cette gracieuse fleur de lys, présents sur de nombreux édifices ? Aujourd'hui comme hier, l'art héraldique permet de façon élégante de distinguer une personne, un groupe, une collectivité en lui faisant adopter des armoiries.
Les armoiries sont nées en Occident sur les champs de batailles, car le port de l'armure et du heaume rendait difficile l'identification des chevaliers lors des tournois et des mêlées. Le blason était alors considéré au même titre que le nom patronyme. Les blasons n'étaient pas réservés à la noblesse, mais plutôt disponibles à toutes les classes sociales.
A l'origine destinées à distinguer amis et ennemis au cours d'un affrontement, les armoiries sont composées de signes appelés connaissances ou reconnaissances. On eut d'abord recours au contraste entre les couleurs claires et les couleurs foncées. Puis, afin de multiplier les possibilités de distinction, on y ajouta des figures, dont l'efficacité repose sur la clarté des contours, voire sur l'exagération de certains détails parfois rehaussés de couleurs, tels que les griffes d'un lion, le bec ou les serres d'un aigle, les cornes d'un taureau...
Un écu offre en premier lieu une surface, appelée champ, unie ou divisée par un trait déterminant des partitions. Le champ peut porter une ou plusieurs figures : ce sont les meubles. La multiplication des traits de partition (ceux-ci peuvent être droits, courbés, brisés, ou revêtus de différents graphismes), provoque la naissance des rebattements ou des pièces honorables. La division de l'écu délimite des zones appelées points, à ne pas confondre avec les quartiers résultant de la combinaison de plusieurs blasons. Les pièces honorables, notamment la croix et le chevron, constituent des surfaces que l'on peut également orner de meubles.
Si les blasons ont conservé longtemps un rôle militaire d'identification, leur représentation est devenue très tôt un art graphique à part entière, dépassant le cadre strict de l'écu. On remarque donc fréquemment que les blasons sont entourés de multiples ornements annexes, dits extérieurs, dont le rôle est soit de renforcer le caractère somptueux, soit de marquer une dignité. Au XIIe siècle, les artistes s'inspiraient de ce qu'ils voyaient : le chevalier ou son écuyer portant le bouclier fournissait aux illustrateurs des modèles quotidiens et vivants de tenants qui ont évolué au fil des ans, jusqu'à leur complète intégration aux armoiries. Les tenants peuvent être des chevaliers, des écuyers ou des serviteurs, mais aussi des saints ou des anges, des hommes, sauvages ou tout autre figure humaine, seule ou en couple.
Les blasons peuvent également être maintenus par des animaux, réels ou imaginaires, qu'on nomme supports. Le lion reste l'animal le plus utilisé pour ces supports, même s'il ne figure pas dans le blason. On observe de nombreuses variantes : lion unique ou en paire, couronné ou portant un heaume, et dans des attitudes multiples. Les animaux fabuleux tirés des bestiaires médiévaux fournissent encore des modèles de supports largement exploités : griffons, aigles, dragons, licornes, sirènes, quadrupèdes de toutes sortes.
Les règles héraldiques: Six couleurs sont utilisées dans les écus. Ces couleurs sont absolues et les nuances n'ont pas d'importance. Par contre, l'idée de la couleur doit rester indépendante de sa teinte.
ARGENT Il représente la lumière, la pureté et la vertu. Sous son aspect négatif, il rappelle la lune, la lividité cadavérique et le linceul.
OR Il est signe de lumière céleste, d'audace, de supériorité, de volonté et de puissance. Au négatif, il désigne la trahison, la culpabilité, la jalousie et l'inconstance.
SABLE Il est la négation de la lumière, évoque la prudence, la sagesse et la constance, mais aussi la régénération. En aspect négatif, il est symbole d'abandon, de lâcheté et de tristesse.
SINOPLE Il désigne la courtoisie, l'honneur, la joie, l'espérance et la vigueur du chevalier. A l'inverse, il signifie vengeance et folie.
AZUR Il est signe de loyauté, chasteté, justice, vérité et fidélité. Parfois, il pouvait aussi représenter vide et froideur.
GUEULES Il est associé à l'amour, la vaillance, la vigueur, la passion et le besoin de conquête. Inversement, c'est la cruauté, la fureur, le carnage, la colère et la haine.
La règle interdit de juxtaposer ou de superposer deux couleurs appartenant au même groupe. Il y a toutefois une exception pour les petits détail tels que la langue ou les griffes des animaux. Par exemple, si le champ d'un écu est rouge, l'emblème dessiné ne pourra être sinople, azur ou sable.
Les figures des emblèmes sont très variées. N'importe quel animal, végétal ou forme géométrique peut devenir un blason. Les plus populaires étaient le lion, l'aigle, la licorne, le griffon ainsi que le dragon. Le champ de l'écu peut être divisé en plusieurs quartiers. L'écu ne doit pas être surchargé de détails car l'identification se ferait difficilement.

Europe médiévale

La société est organisé en quatre groupes distincts. Aujourd'hui, on parle de système féodal( terre ou revenu accordé par un seigneur à son vassal en échange de sa fidélité). Les Rois, Les nobles, Les Chevaliers et Les Paysans.

Le Roi

Au sommet du système féodal se trouve le roi. Toutes les terres du pays lui appartiennent. C'est lui qui décide des lois et qui conduit les armées. cette image représente le sacrement d'un roi.

Les nobles

Le roi donne des terres aux nobles qui, en retour, promettent de combattre pour lui et de lui procurer des chevaliers pour son armée. L'image représente un noble qui promet de servir fidèlement son roi et de lui obéir lors de la cérémonie de l'hommage.

Les Chevaliers

En contrepartie des services rendus dans les batailles, les nobles accordent des terres aux chevaliers. Les chevaliers s'entraînent au combat afin de servir leur seigneur et leur roi.

Les Paysans

Les paysans cultivent les terres des chevaliers, des nobles et du roi. En retour, les seigneurs leur dont protections contre les attaques ennemies.

La vie quotidienne au Moyen-Age.

Le roi et les nobles vivent dans des châteaux forts avec leur famille, leurs serviteurs et leurs gens d'armes. En temps de paix, le seigneur s'occupe de ses terres, fait respecter la loi et l'ordre, et organise des fêtes et des tournois.
De somptueuses fêtes sont données dans la salle de réception du château. On sert nourriture et vin, des bouffons divertissent les convives et des ménestrels jouent de la musique et chantent. Les plats se succèdent et la fête dure ainsi des heures.

On habite surtout dans les villages. Un chevalier, ou seigneur du lieu, possède la terre autour du village et les paysans ont le droit d'en cultiver des lots. La plupart des villages disposent en général de trois grands champs. Le premier est planté de blé, le deuxième d'orge et le troisième est en jachère. Les champs sont divisés en lots, que les différentes familles du village se partagent. Une famille possède donc plusieurs lots dans chacun des trois grands champs. La plupart de tout les villageois travaillent la terre, mais certains, comme le meunier et le maréchal-ferrant, font un autre métier. Ils reçoivent donc de la nourriture pour leur travail.
Les paysans vivent dans des maisons rudimentaire, construites sur de la terre battue. on mange du pain, des flocons d'avoine, des fruits, des légumes et du ragoût, le tout largement arrosé de bière. oeufs, poisson et viande sont des produits de luxe. Les familles gardent parfois une vache qu'elles vendent au marché local.

Contrairement au villageois, les habitants de la ville doivent payer un tribut au seigneur, mais ils n'ont pas à travailler pour lui et peuvent choisir leur métier.
De nombreux artisans ouvrent des ateliers en ville. Ils fabriquent des vêtement, de la vaisselle et des poteries, toutes sortes de choses qu'ils vendent aux citadins et fermiers qui viennent en ville.
Les marchands pour leurs part vendent de la laine, du bois et du fer aux artisans. Ils proposent aussi des objets de luxe en provenance des pays lointains tels que le vin, épices, de la soie et des bijoux.
Il existe aussi les métiers de boulanger, boucher et brasseurs qui approvisionnent les citadins en vivres et boissons. Les aubergistes ouvrent des tavernes et les prêtres et les médecins s'installent en ville.
Tout visiteur doit s'acquitter d'une taxe pour vendre ou acheter de la marchandise dans la ville, cela se nomme le péage.
Les artisans et les marchands se regroupent par métiers: ce sont les guildes. Quand on appartient à une guilde, on se doit de proposer une marchandise de qualité et à un prix raisonnable. Les ouvriers sont payés équitablement et le commerce est réglementé.

L'art au Moyen-Âge

Au Moyen-Âge, la grande majorité des hommes et des femmes ne savent pas lire. Leur savoir leur vient surtout des images: ils apprennent le christianisme grâce aux peintures, aux sculptures et aux vitraux de leur église. Les prédicateurs se servent de ces images pour illustrer leurs enseignements. Les églises médiévales sont remplies d'images, même la plus simple des églises offre des peintures colorées sur ses murs et des sculptures à l'intérieur comme à l'extérieur. Les églises et les cathédrales de plus grande importance sont décorées de vitraux somptueux, de sculptures raffinées et d'admirables statues.
Les sculptures médiévales ne représentent pas toujours des sujets religieux. Sur les hauteurs des murs des églises, on trouve des figures de fantaisie hideuses et des monstres de pierre. Ce sont des gargouilles.

L'Église.

Sur l'ordre des évêques et des archevêques de l'époque, de grandiose cathédrales s'élèvent à la gloire de dieu. Leurs sculptures, leurs statues ainsi que les vitraux sont des plus magnifiques. Il faut souvent plus d'un siècle pour construire de tels bâtiments. Les vitraux des églises et des cathédrales mettent en scène la bible et permettent d'enseigner l'Histoire aux paroissiens illettrés.

Le Pèlerinage

Le pèlerin, homme de tout âge et de toute condition, plus rarement femme en raison des risques du chemin, partait, béni par une religieux, après avoir prononcé un voeu. Ses biens et ses proches étaient protégés en son absence. Au retour, il présentait des insignes prouvant qu'il avait accompli son pèlerinage.
Le pèlerin, qui s'éloignait volontairement des siens par dévotion et par esprit de pénitence ou de sacrifice, devait souffrir pour mériter la grâce ou le pardon divins.
Le but du voyage et de tout ces pèlerins est d'approcher les lieux saints: ce sont des sanctuaires où les saints ont été enterrés ou leurs objets conservé. Plusieurs routes les mèneront à Jérusalem ou à Rome. D'autres vont à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, afin de visiter les tombeau de saint jacques, le patron des pèlerins.
Le pèlerin portait une longue robe de laine, parfois un manteau ou une cape, dite pèlerine pour la femme, un chapeau à large bord sur lequel il cousait la célèbre coquille de Saint Jacques. Une besace pendait à son cou ou en bandoulière, dans laquelle il protégeait ses maigres biens et provisions de route. Des souliers de cuir, protégeaient leurs pieds et un long bâton qui leurs servaient d'appuie pour cheminé les routes difficiles.